Le Petit CEMOI

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site officiel de l'Association des Entreprises du CEMOI      DECEMBRE 2009

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C'était hier...

Evoquer la naissance du CEMOI, c'est faire revivre Bouchayer-Viallet, mais aussi s'attarder rue Ampère.
Cette rue qui, au début de notre siècle encore, s'appelait le chemin des 120 toises.Un chemin de terre tracé parallèlement au Drac, à 120 toises (240 m) de ce dernier, parcouru par des gardes chargés de surveiller les digues du Drac et signaler les infiltrations. A part la ferme Joubert installée vers 1895, les lieux sont déserts.

A partir de 1900, Bouchayer & Viallet développent leurs fabrications sur des terrains acquis depuis peu. Au fil des ans, ils agrandissent le domaine qui, en 1914, couvre une bande considérable située entre la rue Ampère et le Drac, du Cours Berriat à Bachelard.

Pendant la Grande Guerre, Bouchayer & Viallet fabriquent des obus, occupent jusqu'à 3000 personnes dont 1000 femmes. Dès 1917, Aimé Bouchayer, le parton, pense que la situation cessera bien un jour, et qu'il lui faudra offrir du travail à tous, en particulier aux femmes. Sur les conseils de son ami le ministre Loucheur, il avait acheté une petite fabrique de chocolat, rue de Strasbourg, le Chocolat Dauphin, dont les fabrications souffraient des restrictions de cacao et de sucre. Son projet était d'installer une chocolaterie moderne sur ses terrains de la rue Ampère, sur 5000 m2 et, le moment venu, d'y transférer le personnel.

L'armistice est signé le 11 novembre 1918. Mais dès le dimanche 10 novembre, le
ministre Loucheur avait convoqué au Ministère de la Guerre les industriels qui avaient travaillé pour l'armée, les invitant à prendre les dispositions nécessaires pour solutionner les problèmes soulevés par le retour des hommes. Les femmes, venues nombreuses travailler dans les usines d'armement, devaient retrouver du travail. Aimé Bouchayer accélère alors la construction de la chocolaterie de la rue Ampère, constitue le capital social, prépare le transfert de 600 ouvrières, commande des machines en Suisse, trouve un directeur compétent, Félix Cartier-Millon, qui venait de quitter l'entreprise familiale Lustucru.

Mais les déboires vont s'accumuler. Le 15 avril 1919, la petite usine de la rue de Strasbourg, après avoir repris une bonne activité, est détruite par un incendie. Il faut donc précipiter le démarrage de la grande usine rue Ampère, hâter la formation du personnel, trouver les clients, car les promesses d'achat de chocolat faites l'année précédente par les armées française et américaine n'ont pas de suite. La situation financière est catastrophique. On doit se résoudre à céder la belle usine neuve à un chocolatier de métier et de grand renom : Cémoi.

Jean Linossier


Bibliographie non exhaustive :

- "Bouchayer & Viallet à Grenoble" par Hervé Bienfait - Libris 2004
- "Bouchayer & Viallet pendant la guerre 1914-1918" par Robert Bouchayer - La Pierre et l'Écrit 1994)
- "La Dauphinoise, histoire d'une entreprise au pays de la Houille Blanche" par Jean Linossier - PUG 1998
- "Bouchayer & Viallet, photographies" par Isabelle Vernus et Jean Linossier, Archives Départementales de l'Isère

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